Un appel arabe uni : stopper la souffrance à Gaza
Le sommet de Bagdad, une voix pour la justice
Samedi dernier, dans les murs du palais des congrès de Bagdad, une vingtaine de dirigeants arabes se sont réunis pour le 34e Sommet de la Ligue arabe. Ce n’était pas un simple rendez-vous diplomatique. C’était une prise de parole forte, presque un cri, lancé vers le monde entier. La Déclaration de Bagdad est née de cette rencontre. Elle dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : il faut agir, et vite, avant qu’il ne soit trop tard.
« Plus de sang versé »
Les mots utilisés dans cette déclaration ne laissent aucune place à l’ambiguïté. Les dirigeants arabes exigent un arrêt immédiat des hostilités à Gaza. Ils parlent d’un « effusion de sang inacceptable » causée par ce qu’ils appellent « l’agression sioniste ». Pour eux, la priorité est claire : sauver des vies. Et pour cela, il faut ouvrir les frontières, acheminer l’aide humanitaire sans entrave, et permettre aux organisations comme l’UNRWA de faire leur travail.
Un diplomate jordanien, présent au sommet, a confié sous couvert d’anonymat : « Je n’ai jamais vu autant de détermination collective. Même les pays autrefois divisés sur la question palestinienne ont parlé d’une seule voix. »
Une cause centrale
La Palestine, disent-ils, « reste au cœur des préoccupations arabes ». Ce n’est pas seulement une question géopolitique, mais morale. Un pilier de la stabilité régionale. Les chefs d’État rappellent donc leurs principes : le droit à l’autodétermination, à la liberté, à la dignité. Et surtout, le refus catégorique de toute idée de déplacement forcé du peuple palestinien.
« Cela ressemble à du nettoyage ethnique », affirme la déclaration. Des mots qui pèsent lourd, et qui renvoient à une réalité que les images venues de Gaza rendent difficilement contestable.
Appel à la communauté internationale
Le message est aussi adressé aux grandes puissances. Les dirigeants arabes demandent à ces pays « influents » d’assumer leurs responsabilités. Pas de discours moralisateur, mais une exigence claire : exercer des pressions concrètes sur Israël pour stopper la guerre.
Ils saluent en même temps les quelques États européens qui ont reconnu l’État palestinien en mai 2024, espérant que d’autres suivront. « L’Histoire jugera ces gestes », écrivent-ils, comme pour dire que le silence complice n’est plus acceptable.
Soutien à l’Afrique du Sud
Un autre point fort de la déclaration : le soutien apporté à l’Afrique du Sud, qui a porté plainte devant la Cour internationale de Justice contre Israël, l’accusant de génocide. Cette initiative est qualifiée de « position honorables », une reconnaissance symbolique venue d’un pays qui connaît lui aussi le poids de l’injustice.
C’est une manière pour les dirigeants arabes de rappeler que les tribunaux internationaux doivent jouer pleinement leur rôle, et que la loi doit primer sur la force.
Où va-t-on maintenant ?
Avec la Déclaration de Bagdad, on sent une volonté nouvelle de passer de la parole aux actes. Mais comme le disait un journaliste politique lors d’un débat télévisé : « Dire c’est bien, faire c’est mieux – mais entre les deux, il y a souvent un gouffre. »



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