Trêve commerciale : un soulagement fragile pour le pétrole
Un souffle d’optimisme, vite suivi d’un coup de froid
Le pétrole a connu une semaine en montagnes russes. Comme si les marchés n’avaient pas assez de leur propre volatilité naturelle, la tension sino-américaine a joué les monteurs de manège. Tout commence avec un espoir : les États-Unis et la Chine annoncent une pause dans leur guerre des tarifs. Résultat ? Le Brent grimpe. Pas follement, mais c’est toujours bon à prendre. Le baril salue l’effort à hauteur de 65 dollars environ – ce qui reste loin de faire danser les producteurs sur la table.
Lundi, mardi : le ciel se dégage…
Quand on vous dit que les marchés réagissent comme des enfants devant un cadeau emballé, eh bien là, c’est pareil. L’annonce d’une baisse des droits de douane entre les deux géants fait monter la température. Les investisseurs sentent un vent tourner, et hop ! Direction le haut. Le Brent dépasse même les 66 dollars. On entendrait presque les traders dire : « Peut-être qu’on va enfin voir autre chose que du vert pâle sur les écrans. »
Robert Yawger, expert chez Mizuho, ne s’y trompe pas : selon lui, cette amélioration dans les relations commerciales donne un coup de fouet fragile mais bien réel. En arrière-plan, Trump continue de jouer les gros bras avec l’Iran, sans vraiment convaincre personne.
Mercredi, jeudi : la douche froide revient
Mais voilà, la joie est parfois de courte durée. Dès le lendemain, les prix reculent. Un peu comme quand tu retrouves ton pull préféré dans la machine après trois jours, et qu’il a rétréci. Ce n’est plus tout à fait ça. Les opérateurs, méfiants, sortent leurs ciseaux à bénéfices. Ils savent bien que cet accord-là, c’est un peu du chewing-gum collé sous la table : efficace pour tenir quelques jours, mais pas solide sur le long terme.
Tamas Varga, analyste chez PVM Energy, balance une phrase claire : « Cet accord court sur 90 jours, mais les taxes restantes seront encore plus lourdes demain qu’avant 2025. » Autant dire que la guerre n’est pas finie, juste suspendue. Et puis, cerise sur le gâteau, Trump lâche une vanne sur Twitter : il serait proche d’un deal avec l’Iran. La production iranienne pourrait remonter. Et là, c’est le drame : le baril plonge. Direction 64 dollars.
Vendredi : un dernier sursaut d’espoir
Heureusement, vendredi ramène un sourire. Presque malgré lui. Une dernière poussée optimiste relève la tête. Le Brent termine la semaine à 65,41 dollars. Pas de quoi crier victoire, mais suffisant pour redonner un peu de baume au cœur. Carsten Fritsch, de chez Commerzbank, résume bien l’humeur générale : « Cette détente entre Pékin et Washington fait du bien à la demande mondiale. Même si ce n’est qu’un début. »
Et demain ? Rien n’est joué.
Comme disait Churchill, « ce n’est peut-être pas la fin, ni même le commencement de la fin, mais peut-être la fin du commencement ». Sauf que là, on ne sait toujours pas quel film on regarde. Une comédie romantique ? Un thriller politique ? Ou pire… une série B ?
Ce qu’on peut dire, c’est que tant que la Chine et les États-Unis continueront à se chercher noise, les marchés resteront sur un fil. Et le pétrole, lui, continuera de danser entre espoir et inquiétude, comme un enfant qui attend Noël sans savoir s’il aura un jouet ou une chaussette.
Pour les producteurs, en tout cas, chaque centime compte. Et chaque bonne nouvelle, même mince, tombe comme un rayon de soleil après une semaine de pluie.



Laisser un commentaire