Les droits de douane américains secouent le marché pétrolier
Les tensions commerciales ralentissent la demande mondiale, selon l’OPEP et l’AIE.
Les annonces de tarifs douaniers par les États-Unis ont créé une onde de choc sur le marché du pétrole. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) viennent de revoir à la baisse leurs prévisions de demande pour les années à venir. Les deux institutions soulignent que les mesures protectionnistes de Washington, et les représailles de ses partenaires, pèsent sur la croissance économique mondiale.
Tarifs douaniers et incertitudes économiques
Les récentes annonces de Washington sur les taxes douanières font trembler le secteur pétrolier. L’OPEP et l’AIE prévoient désormais une baisse de la demande de pétrole d’ici 2025. Les deux organisations pointent du doigt les mesures protectionnistes des États-Unis, qui perturbent les échanges mondiaux.
Les prévisions en chute libre
En avril, l’OPEP a revu à la baisse ses estimations : +1,3 million de barils par jour en 2025 (contre 1,45 million précédemment). L’AIE, elle, anticipe une croissance de seulement 730 000 barils cette année, soit une chute de 300 000 par rapport à mars. « La guerre commerciale freine l’économie, et donc la consommation d’or noir », explique un analyste basé à Houston.
Les pays émergents face à la tempête
L’Asie, locomotive de la demande pétrolière, est particulièrement touchée. La Chine et les pays exportateurs comme le Vietnam voient leurs industries ralentir. « Avec les taxes, nos coûts de transport explosent », déplore un fabricant de textiles à Jakarta. Même les États-Unis, pourtant grand producteur, subissent le contrecoup : leur croissance pétrolière devrait stagner en 2026.
L’OMC tire la sonnette d’alarme
L’Organisation mondiale du commerce prévoit désormais une contraction du commerce international en 2025 (-0,2 %). « Les droits de douane menacent non seulement les échanges, mais aussi la stabilité des prix », alerte un économiste genevois. Résultat : les cours du brut, après une hausse récente (Brent à 67 $), pourraient replonger si les tensions s’enveniment.
Les prix du pétrole dans la tourmente
Malgré un léger rebond cette semaine, le baril a chuté de 10 % en un mois. « Les exemptions temporaires de taxes aux États-Unis calment le jeu, mais c’est provisoire », estime un trader londonien. Les investisseurs redoutent un scénario où la demande s’effondre plus vite que prévu, surtout si Pékin et Washington ne désamorcent pas la crise.
« Personne ne sortira gagnant d’une guerre commerciale prolongée », résume un diplomate à Vienne. Pour l’heure, le pétrole reste en première ligne.



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