Phosphate de Tébessa : l’usine de Bled El Hadba sort de terre

Usine d'enrichissement de phosphate en construction à Bled El Hadba, Tébessa, Algérie

Le chantier était attendu depuis des mois. Il est enfin lancé. À Bled El Hadba, près de Tébessa, les premiers coups de pelle viennent de marquer le début de la construction d’une usine d’enrichissement du phosphate. Un pas de plus vers le grand projet de phosphate intégré, porté par l’Algérie.

 

Un chantier lancé en grande pompe

Jeudi, Mohamed Arkab s’est déplacé sur place. Le ministre d’État aux Hydrocarbures n’était pas seul. Autour de lui, plusieurs poids lourds du gouvernement. Mourad Hanifi pour les Mines. Abdelkader Djellaoui pour les Travaux publics. Le wali de Tébessa, Ahmed Belhadad. Celui de Bir El Ater, Djamel Boudjezza. Et le patron de Sonatrach, Noureddine Daoudi.

Beaucoup de monde pour un seul chantier. Mais l’enjeu le justifie.

Le phosphate, une ressource longtemps sous-exploitée

La région de Djebel Onk regorge de phosphate. Ce n’est pas une nouveauté. Ce qui change, c’est la volonté de le transformer sur place. Plutôt que de vendre la matière brute, l’Algérie veut la travailler chez elle.

L’usine de Bled El Hadba servira justement à ça. Elle enrichira le minerai brut extrait de la mine locale. Une étape indispensable avant l’envoi vers Oued Kebrit, à Souk Ahras, où se trouvent les unités de transformation chimique.

Des chiffres qui donnent le tournis

Le projet vise gros. 10,5 millions de tonnes de phosphate brut extraites chaque année. De quoi produire 5,5 millions de tonnes de phosphate enrichi. Et 3,2 millions de tonnes de concentré, la matière première qui partira ensuite vers Oued Kebrit.

Des volumes qui placent l’Algérie parmi les acteurs sérieux du secteur, à l’échelle régionale.

Tébessa et Souk Ahras, deux wilayas liées par un même projet

Ce n’est pas la première visite d’Arkab sur ce site. En novembre 2024 déjà, il avait inauguré la mine de Bled El Hadba. Cette fois, il est venu vérifier l’avancement de l’usine. Et il a poussé les entreprises à accélérer.

Le message est clair. Les délais doivent être tenus.

Pour le ministre, ce chantier dépasse la simple extraction. L’idée, c’est une chaîne complète. Extraction, enrichissement, transformation chimique, puis engrais. Le tout connecté aux ports, notamment celui d’Annaba, pour l’exportation.

Le rail, autre pièce essentielle du puzzle

Sans transport, pas de projet industriel qui tienne. C’est là qu’intervient la nouvelle ligne ferroviaire minière de l’Est. Abdelkader Djellaoui a lui aussi fait le déplacement, à Souk Ahras et Mechroha, pour inspecter les travaux.

121 kilomètres de voie ferrée relient Dréa, Souk Ahras et Bouchegouf, en Guelma. Un pont de 2,9 km. Un tunnel de plus de deux kilomètres. Quatre autres ponts en construction du côté de Mechroha.

Le ministre a demandé aux entreprises de doubler la cadence d’excavation. Sans jamais sacrifier la qualité, a-t-il précisé. Cette ligne doit transporter le phosphate et les produits miniers vers les zones de transformation. Un maillon stratégique, selon lui, pour tenir l’engagement pris par le président Tebboune sur ce dossier.

La visite du ministre devait se poursuivre du côté de Guelma et d’El Tarf, pour inspecter d’autres ouvrages liés à cette même ligne.

Ce que ça change concrètement

Au-delà des chiffres, ce projet a plusieurs objectifs. Produire des engrais localement, pour soutenir l’agriculture algérienne. Réduire la dépendance aux importations. Créer des emplois, à Tébessa comme à Souk Ahras. Et développer un savoir-faire industriel qui pourrait aussi profiter à d’autres secteurs.

Le phosphate de Bled El Hadba ne restera donc plus un simple minerai brut. Il deviendra, étape après étape, un produit fini. Direction les champs algériens, et peut-être un jour, les marchés étrangers.

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