Mines : l’Algérie regarde vers l’Ouzbékistan pour sortir de la dépendance aux hydrocarbures

Vue aérienne d’une mine à ciel ouvert

Le ministre des Mines et de l’Industrie minière, Mourad Hanifi, a effectué du 5 au 8 octobre une visite de travail en Ouzbékistan. Au cœur du déplacement : comprendre comment ce pays d’Asie centrale a fait de ses ressources minérales l’un des moteurs de son économie, et en tirer des leçons pour l’Algérie.

Vue aérienne d’une mine à ciel ouvert
Photo d’illustration – Pexels

Un modèle qui rapporte

L’Ouzbékistan figure parmi les grands détenteurs mondiaux de réserves d’or, de cuivre et d’uranium, et exploite aussi l’argent, le tungstène, le molybdène, le lithium et les terres rares. Sa production minière a atteint environ 17,6 milliards de dollars en 2025, pour près de 130 tonnes d’or extraites. Selon l’agence Invest Uzbekistan, les exportations de ressources naturelles ont totalisé 33,8 milliards de dollars l’an dernier, en hausse de 24 %, l’or et les métaux précieux représentant à eux seuls 44 % de ces ventes.

La force du modèle ouzbek tient moins à l’extraction qu’à la transformation sur place : le pays raffine et métallurgise une large part de ses minerais avant de les exporter, captant ainsi davantage de valeur ajoutée.

Rencontres au plus haut niveau

Accompagné d’une délégation ministérielle et de l’ambassadrice d’Algérie à Tachkent, Djamila Achour, M. Hanifi s’est entretenu avec son homologue Islamov Bobir Farkhadovich, ministre de l’Industrie minière et de la Géologie, sur le transfert de technologie, la cartographie géologique numérique et la prospection. Il a également rencontré le vice-Premier ministre Jamshid Khodjayev, le ministre des Affaires étrangères Bakhtiyor Saidov et le ministre de l’Investissement Laziz Kudratov, avec qui ont été évoqués de futurs accords bilatéraux et des projets communs de traitement des minerais.

La délégation a visité des complexes métallurgiques et des instituts de recherche géologique, ouvrant la voie à des échanges en matière de formation et de recherche scientifique.

Gara Djebilet, Amizour, Bled El Hadba : les chantiers algériens

Pour Alger, l’enjeu est concret. Le pays a adopté un nouveau cadre juridique minier et lancé plusieurs projets structurants : le gisement de fer de Gara Djebilet (Tindouf), la mine de zinc et de plomb d’Oued Amizour (Béjaïa) et le gisement de phosphate de Bled El Hadba (Tébessa).

Selon le ministère, ce rapprochement s’inscrit dans la feuille de route du président Abdelmadjid Tebboune, qui a fait du secteur minier un levier pour soutenir l’industrie lourde et réduire la dépendance aux hydrocarbures. M. Hanifi parle d’une « transformation structurelle majeure » et fixe trois priorités : mieux connaître le sous-sol, moderniser l’exploration et l’exploitation, et surtout transformer localement les minerais.

Ce qu’il faut retenir

  • L’Algérie veut bâtir une filière minière complète, de l’exploration à la transformation industrielle.
  • L’Ouzbékistan offre un exemple de pays producteur qui exporte des produits raffinés plutôt que du minerai brut.
  • Des accords bilatéraux sont en préparation pour encadrer investissements et transferts de savoir-faire.

Reste à voir si cette coopération se traduira rapidement en projets concrets sur le terrain.

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